Pourquoi sont-ils des adversaires redoutables dans les procédures ?

Pourquoi sont-ils des adversaires redoutables dans les procédures ?

Dans ce genre de dossiers qui rappelons-le encore une fois sont heureusement peu fréquents mais chaque fois gravissimes, on entend les conjoints victimes utiliser des expressions comme « il est capable de retourner le cerveau de n’importe qui » « il ne cède jamais » « Il est trop fort, il peut entortiller n’importe qui » « Il a une volonté de fer » etc… Toutes réflexions qui pourraient déstabiliser l’avocat lui-même, s’il n’en connaissait la cause.

Or il est parfaitement vrai qu’il y a des facteurs de dangerosité spécifiques dans ces dossiers et qu’ils sont dus aux caractéristiques de ces personnalités si particulières, notamment :

 

  • Le pouvoir de séduction : Ces personnalités sont dotées d’un fort pouvoir de séduction, pouvoir qu’elles aiment exercer et tester sur l’entourage, de façon à s’en faire des alliés.

  • Le côté « double faces » : Le sujet a en effet deux faces, une face aimable, sympathique, convaincante, paraissant bien structuré, sûr de soi et emportant donc souvent la conviction. Etant sans affects, et parfait caméléon, il/elle saura paraître le personnage équilibré, sérieux et très « normal » dont il veut donner l’apparence.
 

Mais quand la porte se referme, c’est l’autre face du personnage qui surgit pour les proches et là, plus question de séduction. La destructivité en toute impunité va pouvoir s’exercer que ce soit dans le cercle familial, dans l’entreprise, ou au sein de l’organisation « infectée ».

Quelles conséquences en justice ?

L’institution judiciaire n’est en règle générale pas adaptée à ce type de cas. Et pourtant il faudra bien en passer par là pour divorcer.

Les auxiliaires de justice (avocat, médiateur, mandataire, expert, officier de police judiciaire) et les magistrats (juges du siège et du parquet) et tous autres intervenants dans la procédure familiale, souvent peu informés de ces mécanismes, risquent fort d’être aisément convaincus, séduits et in fine circonvenus par la démonstration brillante mais totalement emplie de contrevérités à laquelle se livrera le sujet, lors d’entrevues, d’expertises, d’auditions, et dans ses productions écrites, par l’intermédiaire de son avocat soigneusement choisi, soit pervers, soit soumis.

Il faudra donc « de l’autre côté de la barre », une défense sans faille, et particulièrement alerte pour déconstruire pièce par pièce les propos, dénoncer les mensonges, révéler la vérité derrière les stratagèmes.

Ce sera le travail de l’avocat, travail qu’il ne pourra accomplir qu’en liaison étroite avec son client, qui est le seul à connaître les faits avérés.

Avocat et client devront donc travailler en étroite collaboration afin de faire surgir la vérité, en redressant tous les faits tordus par la pensée perverse, pensée froide, opérationnelle, stratégique, inatteignable par l’émotion et donc une pensée éventuellement confortable voire séduisante pour les juges aux affaires familiales souvent rebutés par les processus émotionnels, qui sont pourtant de l’essence même de leurs dossiers, mais dont l’excès les rebute par un mouvement de repli parfaitement explicable.

Il faudra donc déployer des trésors de finesse, d’emploi du juste mot pour qualifier sans coller  d’étiquettes (ce qui serait contre-productif) et mettre en lumière les aspects de dangerosité, sans tomber dans la caricature.

  • Le rapport à la loi : le pervers narcissique ne respecte pas la loi (même s’il peut donner l’apparence exactement contraire d’un respect de surface, pointilleux même, du cadre légal). En réalité sa loi est la seule qui l’intéresse et il éprouve une certaine jubilation à détourner la loi. De même qu’il dénie à l’autre une existence autonome, il dénie également ses droits de partie.

Il considère que le procès est une guerre où tous les coups sont permis et il s’agit de la gagner. Il faudra donc au contraire utiliser les règles du procès équitable avec une particulière vigilance.

  • L’usage permanent et décomplexé du mensonge : la vérité des faits n’a aucun sens pour le sujet, seule « sa » vérité compte, celle qu’il veut imposer parce qu’elle nourrit son propre dessein.

Dans la procédure il faut donc s’attendre à tous les coups bas : fausses déclarations, fausses attestations, utilisation permanentes de contrevérités, torsion des faits, subornation de témoins, espionnage informatique etc.

Pour l’auteur de ces faits, qui ne peut pas concevoir que sa position ne triomphe pas, ces moyens frauduleux sont parfaitement normaux, puisqu’ils servent son dessein. Et s’il est confronté à la réalité de ses méfaits, le pervers narcissiques va se trouver d’excellentes raisons, des excuses très cohérentes.

Ce type de comportement exige de la défense du conjoint victime, une grande rigueur dans la déconstruction point par point des éléments probatoires frauduleux ou non avérés.

Et la victime ?

En fonction de ses propres particularités le conjoint victime, lors des moments où il/elle pourra exprimer sa position (expertise, enquête sociale, audition) pourra sembler peu sûr(e) de lui/d’elle ou au contraire s’exprimer avec trop de revendication, voire d’agressivité du fait du traumatisme causé par le passé et de la connaissance intime des dégâts causés par les agissements du conjoint au sein de la famille.

 

La victime risque donc de s’empêtrer dans ses arguments puisqu’elle est envahie d’émotions réelles causées par ce qu’elle a vécu et/ou vit encore et par ce qu’ont vécu ses enfants.

La victime sera donc en permanence dans une position déséquilibrée à son préjudice, du fait de la répartition inégale entre les conjoints de la charge émotionnelle.

Il revient là à l’avocat du conjoint victime, de tenir pleinement son rôle de conseil, puisqu’il doit avoir la distance nécessaire afin de permettre l’objectivation du conflit et sa traduction en mots et en un récit à la fois objectif et circonstancié pour les acteurs judiciaires, au premier rang desquels les juges aux affaires familiales.

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